Les enjeux du sommeil chez le tout petit

Les enjeux du sommeil chez le tout petit

Le sommeil est un sacré enjeu de la petite enfance. (Coucou les parents fatigués).

La qualité et la structuration de celui-ci sont très fortement lié avec le développement du tout petit, depuis la naissance et même avant.

C’est le sujet que je vous propose d’explorer dans ce nouvel épisode du podcast en compagnie de Marianne Bertrel. Accompagner les parents, notamment autour de cette question du sommeil, c’est son métier. Elle nous apporte aujourd’hui ses lumières.

Ecoutez cet épisode sur le podcast ⤴️
Et si vous préférez lire, voici le résumé :

Le besoin de dormir

Le sommeil est nécessaire pour la croissance et le développement de l’enfant.

Lorsqu’on dort, le corps se repose. Mais notre cerveau reste, lui, bien actif. Il réalise un véritable travail de traitement des données.

C’est pendant le sommeil que les apprentissages sont intégrés. Que les évènements et les émotions vécus pendant la journée sont régulés.

C’est assez paradoxal. Mais l’être humain a également besoin de dormir … pour mieux dormir.

Le sommeil appelle le sommeil.

Marianne Bertrel

Plus un enfant dort la journée, mieux il dort la nuit. Car il faut être en forme pour s’endormir facilement.

Faire sauter des siestes pendant la journée pour assurer à votre enfant une meilleure nuit de sommeil ? C’est plutôt une fausse bonne idée.

Votre enfant risque d’accumuler un manque par rapport à la quantité de sommeil dont il a besoin au quotidien. C’est ce qu’on appelle une dette de sommeil.

Et cette dette de sommeil est souvent responsable de véritables perturbations du sommeil. Elle peut rendre son endormissement plus difficile. Que cela soit le soir, au moment du coucher, ou pendant la nuit lors des nombreux micro-réveils nocturnes que nous devons tous gérer (la plupart du temps, même sans nous en rendre compte).

La dette de sommeil peut également augmenter la quantité des réveils nocturnes. Bref, moins on dort, moins notre sommeil sera de qualité.

Le sommeil, inné ou acquis ?

Besoin fondamental, le sommeil n’en est pas inné pour autant. Dormir, ce n’est pas facile pour tout le monde.

Les facteurs qui influencent votre capacité à dormir, ainsi que celle de votre enfant, sont nombreux :

  • vos propres besoins de parents en sommeil et vos attentes par rapport aux nuits ;
  • vos habitudes de maternage ;
  • l’environnement dans lequel vous vivez ;
  • la composition de la fratrie éventuelle ;
  • les changements et les évènements émotionnels vécus dans votre famille,
  • le tempérament propre de votre enfant, sa capacité à s’adapter aux changements, sa tendance à trouver plaisir dans le sommeil ;
  • le rythme de développement de votre enfant, les étapes qu’il traverse ;

Il n’est d’ailleurs pas rare qu’au sein d’une même fratrie, on trouve habitudes de sommeil qui diffèrent complètement d’un enfant à l’autre.

Comment améliorer le sommeil de votre enfant ?

À partir de l’âge de 4 à 6 mois, vous pouvez agir très concrètement pour améliorer la qualité de sommeil de votre enfant … et donc la vôtre, cher parent 😉

Au début de la vie et pendant l’enfance, les parents restent garants de la satisfaction des besoins primaires de leur enfant. Tout comme pour l’alimentation, c’est également le cas pour le sommeil.

Bien dormir, prendre conscience de la nécessité de se reposer et y trouver du plaisir … ça s’apprend !

Marianne vous propose quelques outils faciles à mettre en place :

➖ Tout d’abord, elle vous invite à mettre le besoin sommeil au coeur de votre communication et de vos échanges avec votre enfant. Un peu comme dans l’hygiène naturelle infantile avec le besoin d’élimination. Posez des mots adaptés à son âge pour décrire sa fatigue et les signaux que vous observez. Expliquez-lui l’importance du sommeil pour son bien-être. Vous éveillerez ainsi votre enfant à conscientiser sa fatigue pour prendre plaisir à se reposer.

➖ Soyez ensuite attentif à la quantité de sommeil de votre enfant, en fonction de son âge, de son tempérament et de ses besoins. Assurez-vous qu’il dorme assez en journée pour lutter contre l’installation d’une dette de sommeil.

➖ Alertez-vous de l’apparition de difficultés de sommeil, comme les terreurs nocturnes par exemple. Celles-ci peuvent être un bon indicateur d’un manque de sommeil diurne.

➖ Utilisez des rituels qui aideront votre enfant à déconnecter pour le coucher et les siestes. Et pourquoi pas un rituel du lever et du réveil pour se mettre en bonne disposition pour le reste de la journée ?

➖ Assurez-vous que l’environnement de sommeil soit adapté aux besoins de votre enfant et à son profil sensoriel. Ne négligez pas le choix du lit et du linge de lit. Un lit à barreaux avec une gigoteuse peut être contenant et rassurant pour certains enfants. Tandis que d’autres enfants préfèreront la liberté de mouvement d’un lit ouvert.

➖ Pour les lèves-tôt, Marianne conseille également l’utilisation des veilleuses/réveils qui donnent un repère visuel à l’enfant.

Dormir, c’est se séparer

S’endormir nécessite la capacité à “se déconnecter” de son environnement et de son entourage.

Une capacité qui évolue au fil du développement de l’enfant, avec notamment l’émergence de la conscience de soi et de la différenciation des autres.

On constate d’ailleurs une régression du sommeil aux alentours de l’âge de 4 mois qui correspond à un pic de conscience de l’individualité.

Certains enfants déconnectent plus facilement que d’autres.

Pour certains, c’est moins facile de déconnecter en présence de Papa et Maman … ils peuvent alors mieux dormir à la crèche. Même si le dortoir est plus bruyant et moins confortable que leur propre chambre à la maison.

La question des pleurs

Les pleurs à l’endormissement ou pendant le sommeil … épineuse question qui renvoie à vos propres représentations de parents et à vos valeurs éducatives.

Comme nous l’explique Marianne, il y a “laisser pleurer” et “laisser pleurer” :

➖ Laisser pleurer un bébé ou un jeune enfant s’apparente à la malveillance lorsque celui-ci vit une véritable détresse. S’il est en proie à des émotions qui le dépassent ou s’il exprime des besoins qui nécessitent une intervention, comme la faim ou la soif.

➖ Mais intervenir au moindre pleur, sans laisser l’enfant expérimenter le ré-endormissement est également excessif. Des interventions trop rapides et trop fréquentes risquent en effet de perturber le sommeil de l’enfant. Alors même que celui-ci n’a peut-être même pas conscience de pleurer, car il est endormi.

À vous de trouver le juste milieu entre intervention et laisser-faire. En fonction de ce que vous aurez décodé comme message dans les pleurs de votre enfant. Mais également en fonction de ce que vous vous sentez capable de supporter.

Peut-être ferez vous le choix d’utiliser une méthode d’entrainement au sommeil, telle que le 5-10-15 ou le chrono-dodo.

Attention cependant. Ces méthodes chronométrées de gestion des pleurs ne devraient pas être adoptées en première intention. Ni sans l’accompagnement d’un professionnel.

Il existe bien d’autres outils et stratégies à mettre en place avant d’y avoir recours. Marianne insiste également sur la nécessité d’être accompagné pour mettre en place ces méthodes avec votre enfant. D’une part, pour s’assurer qu’elles sont bien adaptées à son profil et à la situation qui est la sienne. Et d’autre part, pour les ajuster le plus finement possible à ses besoins dans la bienveillance éducative et le respect de son confort général.

Largement diabolisées, ces méthodes sont effectivement à manier avec précaution. Mais elles peuvent parfois s’avérer salvatrices.

En résumé

Le sommeil de l’enfant n’est pas une fatalité. C’est un besoin essentiel des enfants comme des parents. On peut mettre des stratégies en place pour faciliter l’un et l’autre.

La majorité des difficultés nocturnes trouvent leur origine dans un manque de sommeil de diurne. C’est la dette de sommeil qui complique l’endormissement et perturbe la nuit car l’enfant est trop fatigué pour bien dormir.

Comprendre comment fonctionne le sommeil de l’enfant devrait faire partie de l’outillage de tout parent pour 1) l’accompagner correctement et 2) déculpabiliser par rapport aux stratégies adoptées en fonction de ses propres besoins de sommeil en tant que parent et en fonction du tempérament de son enfant.

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